sextech (1)Érection difficile, inconfort de la pénétration, limitations fonctionnelles… La sextech sort du marché mainstream pour proposer des outils de plaisir à tous.

Sur les sujets du sexe, il n’aura échappé à personne que la parole se libère. Une ouverture qui, si elle reste fragile, génère son lot d’effets positifs. On note ainsi  d’intéressantes initiatives industrielles – applications mobiles, love robots, sextoys connectés ou simples jouets au design travaillé… Les toys sont plus jolis. Plus performants aussi. 

Mais ce qui distingue la génération de jouets actuels de ses aïeules, c’est aussi sa capacité à répondre à des besoins souvent ignorés – en marge. Jusqu’alors le toy s’adressait à une population 100 % fonctionnelle (jeune, bien portante, prête à jouir dans les cinq secondes). Aujourd’hui – et pour dire les choses crûment – les objets sexuels peuvent aussi être des aides destinés à des populations rencontrant des difficultés durant le rapport. Voici trois innovations qui, un jour ou l’autre, pourraient faire plaisir à chacun de nous. 

Anneaux amours – Près d’une femme sur dix vit la pénétration sexuelle dans la douleur selon le collège national des gynécologues et obstétriciens français. À l’origine de ces rapports difficiles, des causes diverses (endométriose, vulvodynie, post-partum, anomalie du plancher pelvien, etc.). Autre cas problématique : le vagin et le pénis en érection dont les formes cohabitent mal – ça coince, et même en faisant gaffe, y a un moment où la fille trinque. 

Ohnut a été conçu pour assurer une pénétration  d’une profondeur sur mesure. On enfile le nombre d’anneaux (le set initial en compte quatre) qui convient à la base du sexe de l’homme ou sur son jouet pénétrant préféré, et on peut y aller sans crainte. 
Alors ouais, ça plus la capote en début de relation, c’est pas le truc le plus glamour. Mais d’un côté comme de l’autre, la sexualité, ça doit être du plaisir, sûrement pas de la douleur ni du sacrifice. Le mieux encore une fois, c’est d’en parler avec son partenaire. 

Onduler, câliner – La vie sexuelle des personnes en situation de handicap reste un sujet tabou. Et si la thématique des assistant.e.s sexuel.le.s est régulièrement médiatisée, ce n’est pas tout de suite qu’elle va remonter en top des sujets sur les réseaux ou dans nos conversations. 

Des chercheurs taïwanais ont récemment mis au point Ripple, un kit destiné à procurer du plaisir pour les personnes souffrant de limitations fonctionnelles à sévères. L’idée : un assistant aide à enfiler la combinaison ainsi que le masque et les écouteurs. Un système de coussins d’air chauffants gonflent progressivement, simulant le toucher au niveau des zones généralement érogènes (seins, cuisses, entrejambes). Un masque, en plus de bloquer la lumière, diffuse des phéromones qui assurent une détente maximale tandis que des écouteurs diffusent des sons propices à la relaxation. La session se termine sur un gonflage de coussins permettant de simuler un gros câlin. 

Bien sûr, on préférait que le rôle soit tenu par un humain plutôt que par un objet. Mais entre rien et du plaisir, le choix est vite fait.

Quel ôm ! – Pour citer Blanche Gardin, « le premier défi qui se pose à l’homme dans sa vie d’homme, c’est de devoir bander » (à 7’30 ‘’). Guillaume Fournier ne s’y est d’ailleurs pas tromper en créant le compte Insta @tubandes qui dénonce ce type d’injonctions et le modèle d’une masculinité au garde-à-vous. 

Problème de prostate, troubles endoctriniens, stress, ou même un peu de fatigue… Parfois le sexe de l’homme n’est pas raccord avec son humeur, il peut faire appel à des pilules (après être passé chez le toubib, lui avoir expliqué les yeux dans les yeux son problème). Autre option – ceci n’est pas une blague : un système de pompe nommé « vacuum » qui va provoquer l’afflux sanguin, et là on enfile un anneau à la base du sexe en position pour maintenir la pression sanguine, on dit quelques ôm parce que c’est vraiment pas gagné, et roule ma poule. 

Le dossier de presse de Giddy, l'anneau qui appuie là où il faut, déballe tout un storytelling autour d’une équipe de scientifiques (urologues mais aussi mathématiciens, ingénieurs) à l’origine de l’objet. Le principe : a contrario des anneaux traditionnels, les points de pression exercés par Giddy sont ciblés – soit sur les veines pour que ça fasse son effet, mais pas sur les artères ni sur l’urètre pour une meilleure circulation sanguine et une éjaculation youplaboum. En soi, ça a l’air bien, intelligent, fonctionnel et tout. Mais le coût, une centaine d’euros pour un anneau et ses attaches ajustables – soit le prix d’un sextoy traditionnel correct – a quand même de quoi faire grimacer.