tumblr_oxxdbie0r81r7k0y6o1_1280« Qui ne dit rien consent, dit-on ». Sauf que non, souvent quand on ne dit rien c’est justement qu’on ne consent pas.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive et je suis sûre que cela vous est arrivé à toutes, femmes hétéros, homos, cis, trans, peu importe. Je sais que vous l’avez vécu au moins une fois. Moi aujourd’hui, c’était la fois de trop.
Mais si, vous savez très bien de quoi je parle, ce type gluant avec qui vous êtes restée polie, ce mec de plus en plus pressant, de plus en plus lourd, qui vous tend des perches mais vous n’en voulez pas. Ce mec qui vous envoie des SMS pas complètement obscènes mais suffisamment ambigus pour vous mettre mal à l’aise. Cette personne que vous n’avez jamais osé envoyer chier parce qu’elle fait partie d’un environnement social qui ne vous le permet pas (vous travaillez avec, c’est une personne qui peut potentiellement prendre des décisions importantes pour votre avenir – cf Harvey Weinstein-, c’est votre voisin, c’est votre banquier, c’est votre prof, c’est votre proprio, c’est un ami de la famille…).
Vous n’osez pas l’envoyer chier violemment, donc. Vous restez polie dans un premier temps, puis vous ne dites plus rien. Vous esquivez ses avances, vous ne répondez plus, vous vous dites que n’importe quel mec sain d’esprit finira par comprendre que si vous ne lui parlez pas ou alors a minima, c’est que vraisemblablement cela ne vous intéresse pas. Et puis les semaines passent, les mois passent, parfois même les années passent, et ça continue. Vous recevez encore et toujours les mêmes propositions. De plus en plus explicites. Du simple « on boit un café » on glisse progressivement vers l’allusion au cul de plus en plus claire. Et là vous comprenez que dans sa tête, « qui ne dit rien consent ». Sauf que non. Ne rien dire, ce n’est pas consentir.
Vous l’avez déjà vécu, hein ? Ben oui, je sais que vous l’avez vécu. Comment je m’en suis sortie cette fois ? Comment la bonne féministe que je suis s’en est sortie ? Et bien en… demandant à un homme de m’aider. J’ai demandé à l’homme de mon plus proche entourage –familial et géographique- de mettre un terme à tout cela. Et vous savez quoi ? En trente secondes de coup de fil bien testostéroné, il a réussi à me débarrasser d’un problème que deux ans d’évitement de ma part n’auront pas solutionné.
C’est humiliant d’en arriver là, de voir que si tu ne fais pas intervenir un autre homme dans l’affaire, tu es en situation de vulnérabilité totale. C’est horrible de demander à un mâle de venir pisser sur un territoire pour qu’on te foute la paix parce que ton absence de consentement n’a aucune importance. J’en aurais presque pleuré de rage.
Je rêve d’un monde où on ne sera plus obligée de demander de l’aide à un homme (un père, un mari, un ex, un frère, un cousin, un meilleur pote) pour mettre fin à un harcèlement.