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Vous les attendiez toutes et tous (ou pas), les voici : une trentaine de questions, deux mentions d'Ophélie Winter, 410 femmes sondées (dont un doublon) et des résultats qui tombent enfin. Après des heures d'analyses et douze réunions au sommet entre les membres de notre rédaction et LELO, notre sondage sur le plaisir féminin est prêt à révéler ses secrets.

Et nous commencerons avec ce fait plutôt étonnant : le point G est un concept anatomique à l'histoire encore méconnue. Mise à part la coquine qui nous a rempli les trois réponses (et que nous avons de ce fait exclue), seulement 37,9% des femmes interrogées (156) ont su nous dire que les années 1980 ont vu émerger cette notion dans le discours médical, laissant dans l'erreur 62,1% des sondées, dont 32,7% (135) qui nous ont placé cela vers les années 2000, et 29,3% d'optimistes qui ont vu ça à la fin du dix-neuvième siècle.

Brain est ravi de voir que la majorité des femmes interrogées sont trentenaires ou quadragénaires : 66,9% des sondées ont entre 25 et 35 ans, 21% entre 35 et 45. Viennent ensuite les millenials ou les plus jeunes, qui constituent 10% de notre panel, et 1,9% de fossiles (on plaisante !). En terme de sexualité, nous avons constaté une majorité écrasante (74,9%) d'hétérosexuelles (307), supplantant les bisexuelles (20,2%, 83) et les lesbiennes (3,2%, 13). Nos deux minorités sont originales : 1,6% de nos sondées se revendiquent pansexuelles, et 0,2% ne savent point ce qu'elles sont. Dédicace, enfin, à la femme qui nous a dit être 2 sur l'échelle de Kinsey. Parmi notre population, 33,1% sont célibataires (136) alors que 66,9% entretiennent une relation, à 60% exclusive (dont deux femmes entretenant une relation extra-conjugale), à 5,2% libre (poly-amoureuse, ouverte, etc.), et 1,4% "autre" (PQR, "en début", "en cours de séparation", papillonnage, ou, notre préférée, "l'engagée avec un phobique de l'engagement").

Questions pratiques : masturbation, sextoys et porno

La masturbation, tabou ou non ?

Visiblement pas. Beaucoup de nos sondées n'ont pas approuvé les affirmations d'Ophélie Winter, certes vieilles de 20 ans. La masturbation n'est pas un tabou, et encore moins en couple : 0,7% des sondées en font un manque de respect (3), 5,8% une pratique secrète et urgente (24), contre 94,5% une pratique normale. Viva la masturbación, et pratiquons la en couple avec les objets LELOtabou masturb

Freud et les psychanalystes de comptoir seraient de plus ravis d'apprendre que le début de la masturbation arrive à une moyenne de 13,15 ans chez nos sondées (403 chiffres donnés sur 408 réponses), et souvent à un âge assez jeune. Beaucoup de femmes font en effet référence à une période pré-pubère, tout en rappelant parfois qu'elles ignoraient totalement ce qu'elles faisaient. Le plus jeune âge donné est de 3 ans (9 réponses), tandis que le plus élevé est fixé à 40 ans (1). Brain remarque une certaine amplitude, bien que la médiane des 403 réponses chiffrées corresponde à la moyenne : 13 ans.  

DIY ou outils ?

LELO trouve une raison d'exister par notre étude : la masturbation s'accompagne, pour la majorité des sondées, de sextoys (63%). Pour la plupart des femmes interrogées, l'essentiel est de mise, mais la différenciation selon la sexualité renseignée peut s'avérer intéressante. La majorité des lesbiennes affirme ne pas utiliser pas de sextoys (46,1%), et 38,5% en utilisent un ou deux. Cette tendance s'inverse chez les hétérosexuelles, qui utilisent en majorité un ou deux (48,1%) alors que 39,1% d'entre elles disent ne pas en user. 9,8% d'entre elles disent avoir un panel honorable contre 15,4% des lesbiennes. Nos championnes du sextoy sont semble-t-il les bisexuelles : si la non-utilisation et l'essentiel se rapprochent des autres pourcentages (28,4% et 48,1% respectivement), elles sont statistiquement les plus riches d'outils, puisque 17,3% d'entre elles en ont environ 5, et 6,2% possèdent une collection, dépassant considérablement les hétérosexuelles (2,9%) et les lesbiennes (0%, absence que nous expliquons par la faiblesse de notre échantillon). Nous avons apprécié l'humour de nos sondées, puisque la fusée et le galet l'emportent sur les traditionnels zizis et canards : pour celles qui auraient un budget, vous trouverez des inspirations ici.

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Le Soraya Wave

Pour tous les hommes qui pensent que les femmes et le porno sont aussi antinomiques que Christine Boutin et la tolérance, sachez qu'il relève d'une curiosité qui, si elle n'est pas pratiquée quotidiennement, rassemble plus d'un tiers des sondées :

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Le porno lesbien et non-mainstream l'emportent dans les réponses, du reste nombreuses et très variées : on apprécie l'éclectisme, le soft ou le BDSM, le porno féministe et lesbien, et certaines nous donnant le nom d'Erika Lust.

Pratiques sexuelles et rapports

Concernant les pratiques, nous sommes peu ravis de vous apprendre qu'une majorité, certes légère, de femmes interrogées s'ennuie mortellement : 208 femmes sur 410 voudraient mettre du piment dans leur vie sexuelle, alors que 184 sont heureuses. 18 chanceuses semblent s'éclater au paradis. Notre chère pandémie n'a toutefois pas atteint la sexualité des sondées : seules 27% avouent que le contexte sanitaire l'a totalement détraquée. La stimulation anale n'a point mauvaise presse : 29,7% des femmes en font le nouveau point G, alors que seules 21% en refusent strictement l'entrée, ce qui nous laisse une majorité de 49,3% qui apprécie des doigts.
Les critiques ont été toutefois essuyées par certaines : si une majorité de femmes affirme n'avoir jamais eu affaire à des remarques déplacées ou ne pas en avoir souvenir (40,6%, 167), 11,4% font remonter ces critiques à un passé lointain ("longtemps", "très longtemps", "trop longtemps", "des années"), alors que 48% nous ont donné une date ou un "il y a" qui nous ont font parvenir à une moyenne intéressante : le dernier remonte en moyenne (en moyenne, hein) à 2016-2017.  Nous avons constaté que beaucoup de rapports où une critique a été subie sont arrivés en 2020, qu'ils remontent à "hier", "quelques semaines" ou "6 mois", avec une sur-représentation des célibataires dans ce cas. Sachez d'ailleurs que certaines vous emmerdent, cher.e.s exs. 14 remarques (soit 3,41% des réponses) nous ont été données : 

  • "trop poilue" (deux sondées, dont un agrémenté d'un sublime "je t'emmerde petite bite") ; épilation
  • trop demandeuse ("je voulais trop jouir")
  • trop froide
  • trop folle
  • des seins qui tombent
  • "tu mouilles pas"
  • "ah t'es longue" ("HORRIBLE" selon la sondée)
  • "trop large"
  • frustrée
  • "tétons ombiliqués"
  • bizarre
  • être "coincée"

Nous consacrons par ailleurs une pensée à la femme qui a répondu "à chaque fois" à cette question. Enfin, mentionnons que le cunnilingus rassemble toutes les faveurs de nos sondées : 85% des sondées apprécient cette pratique, même si les hommes ne sont franchement pas doués avec leur langue selon 56,2% des réponses données (213 sur 379). Pour les 200 femmes fluides qui ont répondu, les femmes seraient beaucoup plus douées, et ce de loin (62%, et 2,5% partagées). Prenez-en de la graine, les hommes.

Oui, d'accord, mais nos lectrices sont-elles des cochonnes et dépravées sexuelles ?
Déjà, on ne parlera pas de débauche chez Brain, et il faut de tout pour faire un monde. La sagesse semble dominer dans ce que nous ont répondu nos sondées : si seulement 20% des femmes se disent que le proverbe "Plus on est de fous/folles, plus on rit" correspond à leur sexualité, seules 27% préfèrent jouir de manière solitaire si leur partenaire ne peut se libérer que quelques minutes pour un rapport sexuel. 57% des femmes ont eu une rencontre avec Dieu lors de leur dernier rapport sexuel, ce qui nous montre un certain épanouissement (nous sommes d'ailleurs désolés pour les 16 femmes qui ont trouvé cela immonde). Enfin, la masturbation féminine a de beaux jours devant elle :

Capture d’écran 2020-10-23 à 18.48.06Comme promis, vos données ont fait l'objet d'un traitement anonyme par notre rédaction et n'ont pas été transmises à la CAF d'Ille-et-Vilaine (quoique...). Nous remercions toutes les participantes, y compris celles qui ont cru jouer avec nos petits nerfs fragiles en répondant à des questions quand elles n'étaient pas concernées. Mais on vous pardonne. Vive le clito !

L'illustration est signée par la très talentueuse Jouissance Club.

++ Merci à LELO pour leur aide.