exotica-erotica-etcLa plateforme tënk propose huit documentaires d’auteurs sur le thème des sexualités. En cadeau pour les lecteurs de Brain Magazine, une semaine de découverte gratuite.

Le porno mainstream est un modèle d’efficacité. Vite consommé – dix minutes en moyenne par session sur Pornhub pour l’internaute français – il se doit de répondre précisément à un cahier des charges qui inclut des minous imberbes, des corps jeunes et gaulés (sauf hashtags spécifiques) dans des mises en scène répétitives. On sait exactement ce qui va se passer, éjac faciale comprise – c’est le principe. Pour la surprise, la création, on est prié d’aller voir ailleurs : dont acte, notamment avec le porno féministe.

Autre terrain de création autour du sexe : le documentaire d’auteur. Cette forme mal connue a le double mérite de renseigner sur un sujet au travers du point de vue du cinéaste, de son engagement.

Pussy power
La plateforme tënk, qui propose des docus d’auteurs, propose jusqu’à fin juin son «escale eXploration eXplicite» : une sélection de huit films autour de questions de représentation des corps et des sexualités. Au programme, l’incontournable Too Much Pussy! Feminist Sluts, A Queer X Show (2010) : un road movie dans lequel des filles (toutes sortes de filles) prennent le contre-pied des stéréotypes de genre en tant que performeuses, également dans leur vie. Jouant de, et avec leur corps (une femme exposant son col de l’utérus, trois autres gambadant joyeusement nues ou presque dans la nuit parisienne), les girls vues par Emilie Jouvet sont plurielles, provocatrices, drôles, et balancent des pavés dans nos convictions.

Sans parti pris, sans pincettes
Plus lointain mais également étonnant, I Don’t Want to Sleep with You, I Just Want to Make You Hard (2016), de Momoko Seto, raconte une soirée dans un kiabakura, ces salons de rencontre où les filles ne couchent pas mais gloussent, habillées en robes de princesses, séduisant via des minauderies extrêmement codifiées. «Tout ça, explique une manager du lieu, c’est de la fiction.»  Et un client de compléter : «On joue avec les filles un peu comme au temps des geishas».

Variés, les traitements et les thèmes des films proposés dans le cadre de cette eXploration eXplicite sont «sans parti pris et sans pincettes», souligne Khaoula Farissi, chez tënk. Et comme on a vraiment envie que vous alliez voir ça, la plateforme, en partenariat avec Brain Magazine, vous propose une semaine de découverte gratuite (valable jusqu'au 30 juin). À noter que cette programmation est proposée avec le Festival du Film de Fesses et dans le cadre de La Cinémathèque du documentaire.

Allez, bonne dégustation, comme ils disent sur la Croisette !

Également à voir sur tënk
Il n’y a pas de rapport sexuel (2012) de Raphaël Siboni. Un portrait de HPG assez déglingué (le portrait et le gars) à partir des making-of enregistrés lors de ses tournages pornographiques. Interdit aux moins de 18 ans.

Exotica, Erotica, etc. (2015) de Evangelia Kranioti. Les marins sont comme des terroristes. Ils arrivent dans un port avec une bombe appelée amour, et la jettent…

Anatomie d’un rapport (1976) de Luc Moullet et Antonietta Pizzorno. Un jour, elle ne veut plus avoir de rapport avec son mec : elle n’a jamais éprouvé de plaisir avec lui.

This Smell of Sex (2008) de Danielle Arbid 20 min. «Mes amis de Beyrouth me racontent librement leurs expériences sexuelles, secrètes, obsessionnelles», confie Arbid.

Natalie D. (2018) film d’animation d’Angèle Béraud. L’épopée amoureuse de deux femmes.