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On a tous eu un béguin pour un(e) héro(ïne) de dessin animé. Souvenez-vous. Étaient-ce les sœurs sexy de Cat's Eyes ? Nicky Larson et ses victimes culottées, peut-être ? Juliette (je t'aime) ? Jeanne (ou Serge) ? Ranma ½ version garçon, fille, les deux ? Ou bien était-ce Lamu, la jolie extra-terrestre en bikini léopard ?

Alors que la plupart d'entre vous finirent par zapper sur le journal du hard, Thomas, lui, n'a jamais changé de chaîne. Sa fixette sur les cartoons n'en finit pas.
«J’ai su que j’étais toonophile – même si je connaissais pas ce mot – à  13 ans, en 5ème, se souvient-il. J'étais extrêmement attiré par des persos de Disney.  Même les animaux. J'étais obsédé par La Bête, de La Belle et la Bête. Il était magnifique… genre trop bizarre, mais tellement magnifique en même temps. Je savais qu'il était imaginaire. Mais bon… l’espoir fait vivre, non ? »

Aujourd'hui étudiant aux beaux-arts, il avoue n'avoir aucune attirance sexuelle pour les êtres de chair et d'os qui l'entourent. Après les héros de Disney, Thomas tombe amoureux d'Amy Rose, la copine de Sonic. « Mais j'avais du mal à m'imaginer lui faire l'amour... c'est une hérissonne quand même ».
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Après cette relation piquante, il est passé aux « humanoïdes » avec une petite préférence pour Lara Croft. « Comme presque tous mes potes de collège d'ailleurs ! sourit-il. C'était cool, car je pouvais en parler avec eux. Mais je ne leur ai jamais tout dit ». Plus récemment, il a jeté son dévolu sur les bombasses de Bible Black.
3C'est vrai qu'elles ont un charme certain.

Toonophile
Selon Thomas, « y'a pas beaucoup de différence entre moi – qui me masturbe devant un anime – et un hétéro qui se masturbe devant YouPorn. On est juste deux gars qui se masturbent devant des écrans ». Ok. You've got a point.
Mais ce qui sépare vraiment Thomas d'un hétéro qui s'offre une demi-molle en paluchant le dernier Power Girl, c'est que, Thomas, lui, en tombe éperdument amoureux.
4En même temps, on le comprend...

« Chez moi, l'amour tourne vite à l'obsession. Je passe mon temps à les dessiner, mater leurs mangas ou dessins animés, à nous imaginer ensemble... Évidemment, je sais que je ne pourrai jamais avoir une relation charnelle avec elles, je suis pas con, tient-il à préciser. Mais je suis émotionnellement attiré par elles. C'est pas que sexuel. Souvent, ça me fait mal au cœur de savoir que je dois me contenter d'imaginer notre relation. Les conversations qu'on pourrait avoir, les balades qu'on pourrait faire. Je suis pas tout le temps en train de me branler ».

À la manière des bipolaires, Thomas slalome entre fantasme et réalité, oscille entre euphorie et affliction, s'isole, se cloître... jusqu'à ce que ça passe. « Parfois, il m'arrivait de ne plus calculer personne. J'allais en cours, je revenais, je mangeais, je retournais dans ma chambre... mais pendant tout ce temps, j'étais dans ma tête, avec elle ».

Thomas trouve aussi des avantages à la toonophilie : « il n'y a aucun risque de se prendre un vent, ni de choper de maladie vénérienne ou de les mettre en cloque ». Faut l'avouer, c'est quand même assez tentant.

Drawn Hentai
Pour assouvir sa passion, Thomas collectionne les mangas pornos. Tout son fric est passé dans une collection de Hentais sulfureux de cet acabit.
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Et quand il n'est pas à sa table de travail ou se lasse de ses lectures, Thomas traîne sur les forums Is It Normal ? et la communauté d'artistes DevianArt. Il visite aussi Ero-Mania, blog d'une dessinatrice porno norvégienne. « J'apprécie surtout le Yuri Hentai (manga lesbien). Mais vu qu'il n'y a presque que du hard hétéro sur le net, je me suis réfugié dans les jeux érotiques, comme Pocha F-Series ».

Pour les amateurs, voici le pitch du jeu : « une japonaise pose dans un mini bikini sur la plage. Mettez-la  rapidement sur le dos et jouez avec ses gros seins. Ensuite, sa culotte se détache, et vous pouvez vous mettre dans cette chatte asiatique, il suffit de cliquer dessus ». 
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Et là, c'est le drame
Malgré toutes ses précautions, ce qui devait arriver, arriva. Sa mère tomba sur la valise cachée, jeta à la benne les 122 mangas qu'elle contenait et appela le pédo-psy. « J'ai soudain eu l'impression que j'étais malsain. Ma famille me parlait comme si j'étais pédophile », se souvient Thomas.

C'est là que, privé de source d'inspiration, il développa son talent de dessinateur. « Je n'avais pas libre accès au net à l'époque, alors je dessinais mes fantasmes. Je restais assis pendant des heures à dessiner des filles de mangas, jusqu'à ce que je maîtrise parfaitement leurs formes. J'y prenais beaucoup de plaisir. Parfois, j'éjaculais à mon bureau, dans mon jean, sans même me toucher ».

Thomas finit par créer son propre personnage Hentai, prénommée Sweed. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. « Elle est tout simplement magnifique », soupire-t-il en caressant une carte plastifiée à l'effigie de sa belle, qui ne le quitte jamais.
« J'ai vu qu'un Coréen s'était virtuellement marié avec son héroïne préférée (en fait, le type a littéralement épousé un traversin, NDLA). Un jour j'épouserai peut-être Sweed. Pour le fun ».

Il la dessine depuis un an et a même réalisé un manga entier. Dans le premier épisode, Sweed rencontre Max, un jeune homme avec qui elle se livre à de longs ébats. « C'est mon psy qui a eu cette idée d'alter-ego ».
Mais Thomas n'a aucune envie d'être publié. « Je ne veux pas que d'autres me la volent et se masturbent dessus, ça me dégoûte rien que d'y penser », s'est-il justifié.

Fétichisme
Pour son thérapeute, la toonophilie (ou schediaphilie) est une forme de fétichisme. Et « on pense que le fétichisme s'explique par un traumatisme de la petite enfance, lors duquel un objet a été associée à une puissante excitation sexuelle ou à une grande gratification », analyse-t-il. « Mon travail consiste à lui faire retrouver, dans sa mémoire, un moment traumatique, où l'univers des toons était présent ».
Mais après des années de divan et quelques séances d'hypnose, Thomas commence à perdre patience. Pourtant, il admet que son « attirance sexuelle est maintenant plutôt à 60-40 ». 60% pour Sweed et le reste pour des filles réelles.

« Mater du cosplay porn m'a aidé à faire la transition », explique-t-il, évoquant des films pornos où les actrices se déguisent en personnages de comics et mangas. 
« J'ai même essayé de fantasmer, sans écran, sur de vraies femmes, continue Thomas. Mais je n'ai pas encore réussi à bander autrement qu'en pensant à Sweed. En fait, je cherche une [vraie] fille qui aurait le même délire que moi et avec qui on pourrait partager des jeux sexuels tout en gardant nos propres fantasmes... tu me suis ? » 

Oui, on te suit.